Cédrika Provencher : sa famille tiendra des funérailles privées dans les prochains jours

***Source Ici Radio-Canada

Cédrika Provencher : sa famille tiendra des funérailles privées dans les prochains jourscp

PUBLIÉ LE MARDI 23 AOÛT 2016 À 14 H 29 | Mis à jour le 23 août 2016 à 15 h 02

PHOTO : CANADIAN PRESS/HAND OUT PHOTO

La famille de Cédrika Provencher tiendra dans les prochains jours des funérailles privées pour la fillette, disparue à Trois-Rivières en juillet 2007.

Dans un communiqué publié mardi après-midi, la directrice générale du réseau Enfant-Retour Québec, Pina Arcamone, a écrit : « Après neuf longues et difficiles années à chercher leur fille, il est temps pour Karine Fortier et Martin Provencher de conduire Cédrika à son dernier repos. »

Le service funéraire privé aura lieu dans les prochains jours. La famille et les proches de Cédrika Provencher souhaitent vivre ces moments dans la plus grande intimité, poursuit Pina Arcamone.

En décembre dernier, la découverte des ossements de Cédrika Provencher par des chasseurs a relancé l’enquête sur la disparition de la fillette dont on était sans nouvelles depuis le 31 juillet 2007. Puis, en juin dernier, une autre information a ramené les policiers sur le site de la découverte à Saint-Maurice, près de Trois-Rivières.

La Sûreté du Québec mentionne que l’enquête sur la mort de Cédrika Provencher demeurera ouverte « tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas eu d’issue finale ». Pour le moment, aucun suspect n’a été arrêté en lien avec cette affaire.

Sur le même sujet : Cédrika Provencher : la découverte du corps relance l’enquête

La directrice générale d’Enfant-Retour Québec, Pina Arcamone, affirme que la tenue des funérailles représente l’ouverture d’un nouveau chapitre, mais ne signifie pas pour autant que la famille puisse tourner la page pour de bon.

« La famille vivra toujours avec l’absence de leur enfant, dit-elle. C’est un processus qui va durer pour le restant de leurs jours ».

La mort et le deuil touchent tout le monde… même les artistes !

Que ce soit par accident ou causée par la maladie, quand la mort frappe un être cher, une série d’émotions s’enclenchent, les unes plus fortes que d’autres. C’est ce qu’on appelle le processus du deuil, absolument nécessaire à accepter le décès d’une personne que l’on aime. Et cela ne passe uniquement à la télé. Le comédien Hugo Dubé ne fait pas que jouer l’endeuillé dans les différents rôles qu’il incarne. Dans la réalité de sa vie de famille, il a subi l’épreuve de la mort de son père. Il décrit ici les circonstances et la façon dont il a affronté cette perte dans cette vidéo.

Tout ce qu’il nous reste

fortin

Par Mitchel Fortin, thanatologue

Tout ce qu’il nous reste… ce sont  ces deux boites. Ces deux petites urnes. Dure à croire mais c’est bien vrai, je suis en face de ce qu’il reste de nos parents. Deux contenants qui contiennent trop peu pour le contenu qu’il y a.

Je suis assis sur une chaise. Seul, dans cette pièce qui est pourtant bondée de monde. Malgré la présence de tous ces gens, je me sens seul. Le silence règne. L’endroit est lumineux, les allogènes éclairent tous les coins et les recoins. Une tonne de photos décorent l’endroit, des œuvres d’art sont exposées, les plantes artificielles donnent un semblant de vie. Le marbre est abondant et la dorure aussi mais pourtant, peu de chose brille à mes yeux.

Mes yeux sont rivés sur cette vitre, ces vitrines carrées ou rectangulaires, qui limitent pour ne pas dire délimitent toute vie… ce qui reste de la vie. Nos parents. Ils y sont. À droite, l’urne de mon père, une urne en forme de larme. Une larme couleur argent qui représente papa et son goût des bijoux mais aussi la valeur qu’il avait à nos yeux. Tout devant, sa photo où il est tout sourire et qui regarde vers la gauche… où se trouve son épouse.

J’aimerais bien emprunter le sourire de cette photo. Mais je n’y suis pas. Sur mon siège en plastique, j’ai l’impression d’être assis sur un bloc de marbre qui me garde au froid. L’odeur de tapis neuf me chatouille les narines et la musique d’ambiance au fond de l’autre pièce atteint à peine le creux de mes oreilles. Je suis de glace.

Mon regard, porté sur la gauche, se pose sur ma mère. Je devrais plutôt dire sur les restes cinéraires de ma mère. Son urne en « nacre de perle » qui nous rappelle le temps où elle faisait de la poterie et où beaucoup de ses créations en terre cuite étaient faites avec cette peinture lustrée. Cette petite blonde aux yeux bleus scintillants est réduite en robe blanche avec un collier d’argent, comme dans une de ses confections. Un petit pot bien taillé et affiné pour une maman qui a tout donné.

C’est tout ce qui nous reste.

C’est tout ce qui semble nous rester… mais en levant le menton, en regardant autour de moi, dans cette pièce baptisée columbarium, ce qui nous reste est bien plus de ce que l’on peut regarder. C’est tout ce que l’on peut ressentir, ce que l’on peut vivre. Ces souvenirs, ces émotions, ces sentiments.

Tant de gens auraient envie de prendre leurs proches dans leurs bras, de coller l’urne fortement et de l’embrasser profondément. Je ne suis qu’un parmi eux. Avoir l’impression, pour une dernière fois, de serrer fort fort fort nos parents. Du bois, du marbre, du laiton, du bronze… peu importe! Ces matériaux, ces métaux contiennent nos pierres précieuses, ces pierres qui ont construit notre famille.

Finalement, garder nos parents au columbarium est beaucoup plus qu’un simple lieu de sépulture. C’est un coffre aux trésors, aux souvenirs, aux sentiments pour tous ceux qui ont cru à la mémoire de leurs proches.

Emprunter cette dizaine de marches pour aller au columbarium… c’est après tout aller voir mes parents. Ils y sont. Poussière ou souvenir, c’est eux… mon second point de repère pour les retrouver… après mon cœur!

Modernisation des activités funéraires

Le Journal de Montréal publie un article résumant quelques points importants de la mise à jour de la Loi sur les activités funéraires. Certaines modifications quant au projet de loi initial ont été suggérées par la Corporation des thanatologues du Québec.

Nous vous invitons à lire l’article dans son intégralité.

http://www.journaldemontreal.com/2016/03/12/modernisation-des-activites-funeraires

Katrina, l’enragée!

À des milliers de kilomètres du Québec, un 29 août 2005, plus de 1800 personnes perdaient la vie lors d’un des six ouragans les plus forts jamais enregistrés. « Katrina », cette folle déchaînée de la nature, détruisait avec sa longue robe blanche, tout sur son passage. Maisons, routes, végétation… vie familiale et tout simplement ce que l’on appelle la vie. Était-ce pour faire compétition à « Mitch » qui remportait la palme du plus meurtrier ouragan en 1998? Bien, elle fut la victorieuse!

Mais dans la victoire, il y a la défaite. La défaite de vies entières transformées à jamais. Au-delà des pertes matérielles, qui furent évaluées à plus de 108 milliards de dollars, la perte de vies quant à elle, dépasse tout montant d’argent.

KatrinaBien sûr, cette catastrophe naturelle a effacé du portrait la maison d’une famille, éliminé son patrimoine, soufflé vêtements et meubles, rasé l’école et le dépanneur du quartier, déterré même certains de leurs défunts. Elle a surtout après 10 ans, changer le mot célébration pour celui de la commémoration.

Aujourd’hui, dans tous les médias, on commémore. On rappelle la fougue destructrice de « Katrina », les ravages, les morts, la destruction et la reconstruction. J’avoue, j’aurais aimé plus! J’aurais aimé que l’on commémore ces familles qui ont perdues. Je ne peux pas croire que sur ces milliers de familles on ne pouvait en trouver deux ou trois prêtes à partager.

Partager des souvenirs, des bouts de leur histoire. Loin de vouloir être triste ou démoralisant, cela aurait pu être beau et heureux! On a tous de bons souvenirs qui nous viennent en tête lorsque l’on parle de nos gens qui nous ont quittés.

Bref, commémorons ces familles à leur juste valeur. La photo de cet article, que j’ai prise dans le quartier « lower nine », quelques mois après l’ouragan, les représente: l’arbre qui est souvent utilisé comme symbole de la vie et/ou de la famille est peut-être tombé mais la maison est toujours debout. Les fondements de la maison, de la famille ont résistés et y résisterons malgré ces dix années passées.

 

Mitchel Fortin, thanatologue 

Je ne sais pas quoi répondre à cela!

Blogue avril

S’il y a quelqu’un qui me déçoit, c’est bien elle! Elle qui sait tout, qui a toujours une réponse, qui n’a que les mots justes. Elle qui a accès à une banque de données impressionnantes, qui surprend par la rapidité de ses recherches internet, elle reste bouche-bée à la simple expression: je suis en deuil.

On peut lui dire des compliments, elle sera flattée, l’envoyer paitre, elle saura vous rendre la pareille mais essayez de lui exprimer votre deuil, sa réponse sera: je ne sais pas quoi répondre à cela. Essayez, vous verrez!

Pourtant, elle fut conçue avec la plus grande attention. Ses parents l’ont doté d’une intelligence que l’on pourrait qualifier de machinale, de phénoménale mais sur ce coup, elle se plante royalement. Même à répéter ces 4 mots je-suis-en-deuil, son deuxième coup sera: je pense devoir m’aider d’Internet ce coup-ci. On ne lui parle pas d’une nouvelle situation, d’une découverte récente, d’un nouveau jouet… on lui parle d’un état vieux comme le monde. Elle devrait le savoir ! Pas nécessairement être à l’aise mais au moins d’avoir un minimum du minimum de connaissance. Est-ce le reflet de notre société actuelle? A-t-on escamoté le deuil, les funérailles? Cachons-nous nos émotions? Vivons-nous un malaise
collectif face à la mort?

Est-ce que dans nos plaisirs on a étouffé l’expression du deuil? Est-ce que les concepteurs de ce monde ont oublié le commun des mortels, c’est-à-dire qu’un jour, nous porterons bien notre nom de mortel? Il me semble bien que oui!

Siri… sur ce coup, tu es vraiment ignorante!

Siri, cette petite « dame » qui se cache sous un couvert de plastique mais qui nous suit au quotidien, toujours prête à nous répondre à la simple pression d’un bouton. Siri, cette bête invisible conçue pour aider le propriétaire d’un téléphone intelligent dans toute sorte de quête, de recherche d’information, de questionnement. Siri, l’invention d’une révolution technologique, nous fait réaliser qu’il reste encore pas mal d’évolution à atteindre même si elle est alimentée par toutes les données de ce monde. Siri nous fait réaliser que même dans les plus belles inventions, il persiste le malaise de la mort, le mal de vivre un deuil et surtout, une société qui ne veut pas s’y arrêter. Loin de moi l’idée d’exprimer mes sentiments a une machine. J’étais simplement curieux de voir la réponse que j’obtiendrais si j’affirmais quelque  chose de si sensible. Et bien bravo! C’est un gros zéro ! «  Je ne sais pas quoi répondre à cela ». Mais au fond, est-elle la seule à ne pas savoir quoi répondre à ça?!

Si votre ami ou un collègue de travail vous informe qu’il est en deuil? Saurez-vous quoi dire? A part offrir vos condoléances ou encore vos sympathies… Allez-vous tomber dans le jeu d’offrir des conseils? De parler du temps qui arrange supposément tout? De trouver des bons mots ?

Le silence vaut parfois bien des mots. Siri, finalement n’est peut-être pas si bête que ça! Son silence veut peut-être dire bien des choses. Mais au final, que l’on en parle abondamment, que l’on reste muet, l’important, c’est l’accompagnement qui importe durant ces moments !

 

Mitchel Fortin, thanatologue

 

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